Et parfois, on s'asseoit, et on se demande juste pourquoi.
Pourquoi on en est là ? Pourquoi on fait ce que l'on fait ? Pourquoi on devrait être satisfait et pourquoi au final on ne l'est pas ? Qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi avoir fait ces choix ? Juste une envie de tout envoyer valser... Je suis sans doute trop fantaisiste pour m'adapter réellement à ce monde. Ca n'est pas une grande surprise. Pourquoi se tuer à la tâche toute notre vie comme ça ? C'est ça, le passage à l'âge adulte ? Arrêter de se poser toutes ces questions, et avancer, contraints ? Ben oui, le boulot, c'est se lever tous les jours à la même heure, et rentrer tous les soirs à la même heure. C'est croiser des gens avec qui on ne veut pas forcément travailler, mais avec qui on doit travailler. On doit faire avec les humeurs de chacun, et se détacher des notres. C'est sûrement pour ces raisons qu'un jour j'espère me mettre en free-lance. Et là encore, c'est toujours plus de boulot...
Alors oui, j'ai la musique, et heureusement. Oui je fais du graphisme. Mais tellement de questions me traversent l'esprit depuis un an. Suis-je réellement faite pour ça ? Les chiffres, les moyennes, au final, ne veulent rien dire. C'est plus une question d'état d'esprit... Et en ce moment je ne dois pas avoir le bon. J'ai parfois envie de tout laisser tomber. D'être LIBRE. Mais plus je m'en approche, plus je me rends compte que ça n'est qu'une magnifique utopie. A moins d'être inconscient, ou extrêmement égoïste. Alors je me reprends, et me fixe des buts : le bts c'est à la fin de l'année. Plus qu'un an. Un an et je pourrai décider de quitter mon travail, et de faire totalement autre chose. Pourquoi pas ? Ou bien, plus probable, peut-être que je me mettrai à mon compte, si j'en ai le courage et les moyens. Je ferai de la photographie aussi. Plus qu'un an à tenir. Mais à m'y mettre à fond. Et c'est dûr quand on aspire à toujours plus d'évasion.
Mais tous ces projets, ce sont également des rencontres à faire. On ne peut pas vivre ces choses seuls. A moins d'être encore une fois, inconscient ou égoïste. Et je veux ces rencontres, je ne me construis qu'ainsi. On est grâce aux autres _on nait grâce aux autres. Même par les pires. Et surtout par les meilleurs. Et les meilleurs, je les ai, je les aime. Mais je suis impatiente de voir ce qui m'attend. Cette période lattente me lasse. En fait, je suis lasse. C'est sans doute ce qui me définit le mieux ces derniers temps. Et je suis surtout dans l'incapacité de changer ce sentiment jusqu'à l'échéance prochaine. J'ai déjà fait tout ce qui était en mon pouvoir, et ma qualité de vie s'en est retrouvée améliorée. Mais je suis impatiente. C'est un problème sans doute...
Alors je ne dois pas laisser tomber. Je dois me calmer, m'appaiser. Mais c'est difficile en étant seule et avec toutes ces rancoeurs qui, non seulement ne me laissent jamais, mais qui s'acharnent. Il parait qu'un Destin existe, que quelqu'un veille. Et c'est rassurant d'y songer, de se dire qu'on ne fait jamais rien pour rien. Que même si on endure les pires souffrances, elles ont un but propre, une leçon à nous apprendre. Et je veux y croire. Je ne sais pas s'il est, mais tant de gens en sont persuadés autour de moi, et tant de signes se sont faits frappants... Peut-être qu'au fond, ce qui me perturbe depuis un an, c'est que je ne vois plus ces petites marques. Pire, je les attends. Et on ne peut pas vivre en fonction de ces choses là. Alors avec lucidité on tente, tant bien que mal, de profiter d'une période que l'on n'arrive pas à voir comme étant réellement profitable. Et ça nous ferait mal de penser qu'on fait tout ça pour rien. Alors on se persuade.
Je me persuade. Parce qu'il faut qu'il y ait un but à mes actions. Que serais-je autrement ? Un individu de passage, ni très important, ni trop décevant. Et on ne peut pas avoir une si piètre opinion de soi. Personne n'est interchangeable, alors je garderai mes buts, et mes espérances, même si elles semblent parfois n'être qu'illusions...
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